À l’école Norval-Morrisseau, les élèves découvrent l’art de la ceinture fléchée avec l’artiste Éloi Homier 

A Vancouver, les élèves de l’école Norval-Morrisseau, ont eu l’occasion de découvrir une tradition riche d’histoire, profondément ancrée dans le patrimoine francophone et Métis du Canada, grâce à la visite de l’artiste et médiateur culturel Éloi Homier. Lors d’un atelier de fléchage au doigt, les élèves se sont initié·e·s à cet art traditionnel et ont découvert l’histoire ainsi que la portée culturelle de la ceinture fléchée. 

Né et ayant grandi sur le territoire traditionnel algonquin, Éloi Homier vit aujourd’hui sur les territoires non cédés des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) et səlilwətaɬ (Tsleil-Waututh). Danseur, conteur, artisan du fléchage et passionné d’astronomie, il consacre sa démarche artistique à une réflexion sur ses origines et à la transmission des savoirs hérités de ses ancêtres.  

  

« Porter la ceinture fléchée de la RivièreRouge, c’est porter la force et la fierté du peuple Métis. Chaque fibre raconte notre résilience, notre créativité et notre droit d’exister pleinement comme Métis. C’est un geste d’honneur, un lien avec nos ancêtres et une affirmation vivante de qui nous sommes. »  Explique Bonnie Lépine Antoine, Directrice de la Réconciliation et de l’Éducation autochtone 

Au fil de l’atelier, les élèves ont découvert que la ceinture fléchée est apparue en Nouvelle-France à la fin du XVIIIe siècle. D’abord entièrement rouge, elle s’est graduellement enrichie de nouveaux motifs et de différentes couleurs. Bien plus qu’un élément vestimentaire, la ceinture fléchée remplissait de nombreuses fonctions pratiques au quotidien. Dans le contexte historique de la traite des fourrures et de la vie des voyageurs, puis au sein des communautés Métisses de la Rivière-Rouge, elle servait notamment à soutenir le dos lors du transport de lourdes charges, à attacher ou porter des paquets, à faciliter le portage des canots et même à protéger les selles des chevaux. Ses extrémités permettaient également de garder à portée de main de petits objets essentiels, comme des outils, des couteaux ou le nécessaire pour allumer un feu. Polyvalente et robuste, la ceinture fléchée occupait ainsi une place importante dans le quotidien de celles et ceux qui la portaient. 

Les élèves ont également appris que la ceinture fléchée a accompagné les échanges entre l’Est et l’Ouest du pays grâce aux réseaux de traite des fourrures. Au fil du temps, différentes régions du Canada ont développé leurs propres variations, chacune portant des couleurs et des motifs qui reflètent leur histoire et leur identité. 

Alors que les francophones ont progressivement cessé de porter la ceinture fléchée au cours du XIXe siècle, les Métis de la rivière Rouge l’ont adoptée et en ont fait un symbole fort de leur identité culturelle. Pendant plus d’un siècle, ils ont continué à préserver et à porter cette tradition avec fierté. 

Dans les années 1950, le Carnaval de Québec a contribué à remettre la ceinture fléchée à l’avant-plan, notamment dans les cabanes à sucre et les festivités hivernales. Aujourd’hui, elle demeure un symbole culturel vivant porté et célébré tant par les communautés Métisses que par de nombreuses communautés francophones, particulièrement dans les Prairies canadiennes. 

En mettant les mains à l’œuvre, les élèves de l’école Norval-Morrisseau ont pu développer leur créativité tout en approfondissant leur compréhension de l’histoire et de la richesse culturelle des communautés francophones et Métisses du Canada. Une expérience porteuse de sens qui illustre l’importance de la transmission des savoirs et du dialogue entre les cultures. 

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